Affichage des articles dont le libellé est transport. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est transport. Afficher tous les articles

samedi 11 décembre 2010

Mésaventures routières

Uyuni 1h30 du matin.

Nous approchons de la gare routière, emmitouflées dans nos anoraks, luttant contre un froid glacial. Un homme, dans une grande cape de pluie, se promène dans le noir; au loin, un chien hurle à la mort. Uyuni conservera jusqu'au dernier instant cette atmosphère "apocalyptique".

Notre train en partance pour Villazón (ville frontière avec l'Argentine) doit mettre les voiles dans un peu plus d'une heure. Nous attendons alors dans la gare, patiemment. L'attente, on commence à en connaître le goût. Depuis, 10h30 que nous avons rendu les clefs de notre chambre et que nous regardons notre montre tourner, lisant et jouant aux cartes.

Une histoire malchanceuse avec une agence de voyage, auprès de laquelle  nous avions acheté nos billets de train, vexée comme un pou que nous ne soyons pas parties avec elle en excursion dans le Salar, nous a valu de ne récupérer que des billets de troisième classe. Non, pas que nous voulions faire nos petites bourgeoise, mais pour 10 bolivianos supplémentaires (soit 1euro), nous avions apparemment accès à un service bien plus confortable. Et lorsqu'on peut ménager notre sommeil, nous n'hésitons pas. Surtout que le voyage s'annonce assez long, après les 15h d'attente à Uyuni : 9h de train nous sépare de Villazón, où nous devons traverser la frontière et rejoindre La Quiaca, en Argentine ; de là, nous prendrons un bus pour Salta, où nous prévoyons d'arriver vers 23h.

Nous avons donc l'occasion de découvrir comment voyagent la majorité des boliviens puisque nous sommes bien les seules à ne pas faire couleur locale dans ce compartiment, accompagnées uniquement d'un jeune israélien. L'expérience n'est pas vaine: wagon poussiéreux, sol revêtu de détritus, sièges à l'assise plus que rigide où trois personnes doivent prendre place (alors qu'ils ne peuvent techniquement qu'en accueillir 2,5 voire 2), odeurs locales et festivals de tradition. Les mamas, chargées comme des mules, s'emmitouflent dans leur couverture afin de passer la nuit, des petites vieilles déboussolées tiennent des discours dans une langue indéchiffrable et les enfants chahutent joyeusement. Nous réussissons tout de même à dormir par à-coups jusqu'au lendemain 13h, admirant un paysage plus verdoyant que ceux des hauteurs andines.

Arrivées à Villazon, nous filons tout droit vers la frontière. 1h30 d'attente et enfin, nous avons nos petits tampons dans nos passeports pour nous rendre en Argentine!! A l'autogare de La Quiaca, nous prenons notre billet pour Salta. Il est 14h40 et le départ du prochain bus est annoncé à 16h30, nous avons donc le temps de soulager nos petits estomacs affamés et de prendre place dans un restaurant de l'autre côté de la rue.

L'Argentine, nation du Che Guevara

Attablées, nous commandons un poulet-frites et replongeons nos nez dans nos guides quand, subitement, nous prenons conscience que l'Argentine n'est pas sur le même fuseau horaire que la Bolivie: il est 16h10 et non 15h10! Après avoir expliqué la situation à la serveuse et attendu la fin de cuisson de nos poulets, nous embarquons notre déjeuner et filons à l'autogare avec quelques minutes d'avance.

Six à sept heures de trajet nous sépare alors de Salta et seul un arrêt de 15mn était annoncé à Jujuy. Mais nous commençons à avoir l'habitude, la conception latino-américaine du mot "direct" semble quelque peu différente de la conception européenne. Vers 18h, alors qu'on fait une halte dans une petite ville pour prendre quelques passagers, nous en profitons pour nous repoudrer le nez. Mais en sortant des toilettes, nous apercevons soudainement le bus mettre les voiles et nous avons juste le temps de le stopper et de remonter à bord. Au cours des arrêts, nous ne serons toutefois pas les seules à expérimenter cet abandon.

Nous somnolons durant le reste du voyage, interrompues par la gendarmerie nationale qui, en tant que douane volante, inspecte tous les paquets de jouets et autres ustensiles que les argentines ramènent apparemment de Bolivie et destinés à la revente. Mais toujours en quantité suffisante pour agacer les gendarmes et pour éviter la confiscation de la marchandise.

A 21h, après avoir dépassé Jujuy, on s'attend à arriver d'ici deux heures à Salta. Mais voilà qu'on s'arrête encore une fois, le bus se vidant jusqu'à ce qu'il ne reste plus que nous à l'intérieur! Le chauffeur nous somme alors de descendre car : "c'est le terminus!". Naïvement, nous demandons: "on est à Salta?"; et le chauffeur, pressé, nous répond : "Non, à Perigo. Pour Salta, il fallait descendre à Jujuy". Ah ben, c'est gentil de nous le dire seulement maintenant!!!!

Maudissant le guichetier de La Quiaca, nous récupérons nos sacs et filons nous plaindre au comptoir de la compagnie. Là, une jeune fille réfléchit à une solution possible : elle nous rembourse nos billets et nous propose de reprendre un bus à 2h du matin depuis Perigo et "direct" jusqu'à Salta. Malgré les 3heures d'attente, c'est le meilleur compromis. Puis, ce n'est pas luttant contre un vent glacial que nous devrons nous passer le temps, mais par une charmante soirée estivale : bienvenue en Argentine! De quoi adoucir ces désagréments routiers!

Nous nous installons à la table d'un kiosque, buvant du thé et jouant aux cartes jusqu'à l'heure de départ annoncé, retardé par la suite encore d'une heure et demie. Mais après 2h de voyage et une fouille supplémentaire par la gendarmerie, nous arrivons enfin à Salta au petit matin.

Ni une, ni deux, nous sautons dans un taxi qui nous dépose dans un hôtel abordable repéré dans le "Lonely planet" et nous nous écroulons dans nos lits où nous nous abandonnons aux douces joies du sommeil.
Salta

dimanche 5 décembre 2010

Saute-Mouton


Après un séjour à La Paz, notre itinéraire nous conduisait à Potosi. Nous avions acheté notre billet à l'avance et nous nous sommes rendu le jeudi 11 novembre à l'autogare prendre notre bus de nuit. Mais qu'apprenons-nous à une demi heure du départ? Tous les voyages en direction de Potosi et Sucre sont annulés en raison de blocus routiers. Il faut savoir que le réseau routier en Bolivie ne propose pas 36 solutions pour se rendre d'un point A à un point B. Tous les chemins ne mènent finalement pas à Rome et ne sont pas toujours empruntables.

Pourquoi ces blocus? Quelques heures auparavant, on apprenait dans notre guide du routard que ceux-ci pouvaient être fréquents, surtout dans la région de Potosi, où les habitants manifestent régulièrement leur mécontentement vis à vis du gouvernement à qui il est demandé la nationalisation des mines. Pas de bol! On a eu beau acheté le journal ce jour là, nous n'avons pas eu vent de ces blocus, et nous ne serons pas les seules.

Ces blocus avaient apparemment pris leur source dans l'absence remarquée du Président Morales, ou de l'un de ses représentants, à la célébration du bicentenaire de la ville de Potosi. Toutefois, celui-ci avait un argument valable puisqu'il s'est fait opérer du genou le samedi précédent et était en convalescence dans sa ville d'origine Cochabamba. Cela tombe bien! Nous décidons justement de nous y rendre au lieu de rester à attendre à La Paz sans savoir encore combien de jours. Nous passerons deux jours à Cochabamba, à lire, écrire et déguster des glaces par plus de 30 degrés (le bronzage commence à venir!).

Le samedi 13, les blocus sont levés et nous pouvons rejoindre Potosi, perché à 4070 mètres d'altitude. Cette ville connût son âge d'or au 17ème siècle et inondait alors l'Europe des matériaux les plus précieux. Aujourd'hui, il semblerait qu'elle ne soit plus que l'ombre d'elle même. Les mines, qui ont fait sa plus grande fortune, sont devenues son plus grand malheur. A l'heure actuelle, on y exploite encore le zinc et le plomb, unique gagne-pain des gens de la région, exposant alors leurs poumons à la silicose et à une mort prématurée. L'architecture coloniale constitue les seules richesses qui lui restent.

Potosi


Malheureusement, la situation de Potosi nous ne la connaîtrons que dans les livres. Nous apercevrons juste ses jolies ruelles, ses couvents et ses églises, la maladie laissant à cette destination un léger goût amer.

De nouveau sur pied, nous nous dirigeons cette fois à Uyuni. Voyage de six heures à travers la pampa, sur une route non-revêtue, et un nombre incalculable de secousses qui ont failli plus d'une fois nous envoyer la tête dans le plafond, acompagnées alors de spontanés éclats de rire! Laissez tomber Europapark, les routes boliviennes vous assureront de fortes sensations!

Autre aventures pittoresque: les arrêts pipi. Au premier stop, dans un petit village perdu, on nous dit gentiment qu'il n'y a pas de toilettes et que la pampa est à notre disposition. Mais on n'y joue pas aussi facilement à cache-cache que dans nos forêts franc-comtoises (dans ces moments là, on rêverait presque d'être un homme)! Toutefois, une mama nous explique, dans un langage à moitié perceptible, qu'il y a des toilettes un peu plus loin. Nous marchons dans la direction indiquée mais rien ne semble s'apparenter à des toilettes, quand, au tournant d'une petite cabane sans toit ni porte nous découvrons un trône asséché. A la vue de ces charmantes commodités, nous décidons d'attendre le prochain arrêt. Mais encore une fois, pas de lieu d'aisance. Nous finirons par trouver refuge derrière un muret!

Aux environs d'Uyuni, la pampa céda la place à un gigantesque champ de sacs plastiques qui nous évoqua alors une sorte de performance artistique contemporaine. L'entrée dans la ville nous laissa également une forte impression. Nous nous sentions alors comme deux héroïnes d'un film de science-fiction américain, pénétrant dans cette ville déserte, ou seuls s'accrochaient quelques survivants d'une horrible catastrophe épidémique.

Uyuni

jeudi 7 octobre 2010

Quelques principes du bus liménien


Prendre le bus a été surement l'expérience la plus folklorique de nos premiers jours. Rien de tel pour s'immerger dans une culture, avec le volume de la musique latine à fond !!! Voici quelques règles que nous avons pu observer :

1- Pas d'arrêts définis
C'est à dire qu'on va à un arrêt (simple pancarte sommaire sur le trottoir) et on attend que le bus qui nous convient passe !
2- Pas de lignes
On regarde sur le côté du bus les destinations (les noms de quartiers) quand celui-ci passe devant nous.
3- Pas de plan ou d'itinéraires
On le prend dans un quartier et il nous amène dans un autre quartier, rien de très précis en soi donc.
4- Pas de tickets
On paye directement dans le bus, généralement 1 NS par voyage mais le prix peut être plus élevé si on va assez loin ou si on a une tête d'étranger !
5- Pas de compagnie
La concurrence est donc rude. C'est pourquoi un homme est là pour vous aider à faire votre choix ! A chaque passage vers un arrêt, il incite les gens à monter dans son bus, il est ensuite là pour encaisser l'argent et annoncer les quartiers. La grande question est : comment il fait pour se souvenir du paiement de chaque voyageur et de l'endroit où ils vont ?!
6- Pas de limitation de vitesse ou de code de la route
On roule très vite, on s'arrête le moins possible, quitte apparemment à devoir sauter du bus en route... Il faut bien s'accrocher !! Le klaxon est indispensable et semble dire aux autres automobilistes (qui ont le même code d'ailleurs) "Pousse-toi, je passe". Inutile donc de préciser que les feux rouges et stops sont moyennement respectés.
7-Pas de confort
Évidemment, les bus sont petits et délabrés. Surement conçus par rapport à la taille moyenne d'un péruvien car il en faudrait peu pour qu'on ait à se courber pour ne pas se cogner la tête au plafond. Et bien sûr, comme vous vous en doutez, pouvant contenir 30 personnes alors qu'on s'y metterait maximum 10 en Europe !