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dimanche 5 décembre 2010

Saute-Mouton


Après un séjour à La Paz, notre itinéraire nous conduisait à Potosi. Nous avions acheté notre billet à l'avance et nous nous sommes rendu le jeudi 11 novembre à l'autogare prendre notre bus de nuit. Mais qu'apprenons-nous à une demi heure du départ? Tous les voyages en direction de Potosi et Sucre sont annulés en raison de blocus routiers. Il faut savoir que le réseau routier en Bolivie ne propose pas 36 solutions pour se rendre d'un point A à un point B. Tous les chemins ne mènent finalement pas à Rome et ne sont pas toujours empruntables.

Pourquoi ces blocus? Quelques heures auparavant, on apprenait dans notre guide du routard que ceux-ci pouvaient être fréquents, surtout dans la région de Potosi, où les habitants manifestent régulièrement leur mécontentement vis à vis du gouvernement à qui il est demandé la nationalisation des mines. Pas de bol! On a eu beau acheté le journal ce jour là, nous n'avons pas eu vent de ces blocus, et nous ne serons pas les seules.

Ces blocus avaient apparemment pris leur source dans l'absence remarquée du Président Morales, ou de l'un de ses représentants, à la célébration du bicentenaire de la ville de Potosi. Toutefois, celui-ci avait un argument valable puisqu'il s'est fait opérer du genou le samedi précédent et était en convalescence dans sa ville d'origine Cochabamba. Cela tombe bien! Nous décidons justement de nous y rendre au lieu de rester à attendre à La Paz sans savoir encore combien de jours. Nous passerons deux jours à Cochabamba, à lire, écrire et déguster des glaces par plus de 30 degrés (le bronzage commence à venir!).

Le samedi 13, les blocus sont levés et nous pouvons rejoindre Potosi, perché à 4070 mètres d'altitude. Cette ville connût son âge d'or au 17ème siècle et inondait alors l'Europe des matériaux les plus précieux. Aujourd'hui, il semblerait qu'elle ne soit plus que l'ombre d'elle même. Les mines, qui ont fait sa plus grande fortune, sont devenues son plus grand malheur. A l'heure actuelle, on y exploite encore le zinc et le plomb, unique gagne-pain des gens de la région, exposant alors leurs poumons à la silicose et à une mort prématurée. L'architecture coloniale constitue les seules richesses qui lui restent.

Potosi


Malheureusement, la situation de Potosi nous ne la connaîtrons que dans les livres. Nous apercevrons juste ses jolies ruelles, ses couvents et ses églises, la maladie laissant à cette destination un léger goût amer.

De nouveau sur pied, nous nous dirigeons cette fois à Uyuni. Voyage de six heures à travers la pampa, sur une route non-revêtue, et un nombre incalculable de secousses qui ont failli plus d'une fois nous envoyer la tête dans le plafond, acompagnées alors de spontanés éclats de rire! Laissez tomber Europapark, les routes boliviennes vous assureront de fortes sensations!

Autre aventures pittoresque: les arrêts pipi. Au premier stop, dans un petit village perdu, on nous dit gentiment qu'il n'y a pas de toilettes et que la pampa est à notre disposition. Mais on n'y joue pas aussi facilement à cache-cache que dans nos forêts franc-comtoises (dans ces moments là, on rêverait presque d'être un homme)! Toutefois, une mama nous explique, dans un langage à moitié perceptible, qu'il y a des toilettes un peu plus loin. Nous marchons dans la direction indiquée mais rien ne semble s'apparenter à des toilettes, quand, au tournant d'une petite cabane sans toit ni porte nous découvrons un trône asséché. A la vue de ces charmantes commodités, nous décidons d'attendre le prochain arrêt. Mais encore une fois, pas de lieu d'aisance. Nous finirons par trouver refuge derrière un muret!

Aux environs d'Uyuni, la pampa céda la place à un gigantesque champ de sacs plastiques qui nous évoqua alors une sorte de performance artistique contemporaine. L'entrée dans la ville nous laissa également une forte impression. Nous nous sentions alors comme deux héroïnes d'un film de science-fiction américain, pénétrant dans cette ville déserte, ou seuls s'accrochaient quelques survivants d'une horrible catastrophe épidémique.

Uyuni

samedi 4 décembre 2010

Sorata, au pied du Illampu



Pour respirer un peu d'air frais et sortir du trou pacenien, rien ne nous a paru plus idéal que de nous rendre à Sorata, qui est annoncé dans notre guide, comme le plus beau village de Bolivie.

La vallée de Sorata est le dernier maillon de la Cordillère Royale, dominée par le Mont Illampu (6 429 mètres), une des montagnes les plus élevées de la Bolivie. Pour atteindre ce centre de villégiature, on commence à bien connaître le principe des petits combis où on s'entasse mais les routes boliviennes sont en moins bon état qu'au Pérou, il faut donc s'accrocher ! C'est aussi à partir de ce moment là que nous découvrons que chaque bolivien a sa propre notion de l'espace et du temps... Les routes, les arrêts, les horaires annoncés ne sont jamais les bons et diffèrent d'une personne à l'autre.

Enfin remise de ce voyage, c'est seulement à 15h sur une terrasse de restaurant que l'on se décide à partir pour le lac de San Pedro à 12 kms de là. Autant dire que nous sommes des petites randonneuses car la plupart des touristes viennent pour la lagune glaciaire sur l'ascension du Mont Illampu ! Mais bien sûr, vu l'heure avancée, nous décidons de faire l'aller en taxi et de revenir à pied. Nous nous voyons déjà en train de faire notre promenade de santé au soleil au bord du lac... Sauf que, une fois dans le taxi, malgré les explications du chauffeur, nous ne comprenons pas bien pourquoi, nous restons en hauteur : un lac, ca doit bien être au fond de la vallée, non ??!

Et bien celui-ci, pas vraiment, puisque c'est un lac souterrain ! Nous nous affranchissons du billet d'entrée où nous apprenons que nous sommes les premiers visiteurs du jour, puis un guide nous emmène dans la grotte : une vraie expédition spéléologique !!! Mais heureusement, nous sommes bien équipées et la lampe frontale à ce moment là a été fort appréciée. Le lac ,malgré sa petitesse, nous offre la possibilité de faire un petit tour de pédalo durant lequel on a pas manqué de se faire peur. Le manque de visiteurs et d'éclairage confère à l'endroit une atmosphère plutôt inquiétante, et le guide est déjà loin derrière nous.

Une fois de retour à l'air libre, nous pouvons entamer notre retour au village, le temps annoncé pour cette petite randonnée est de 2h. On se rend très vite compte que nous aurions du faire l'aller à pied et le retour en taxi et non l'inverse car... ça monte !!! Mais les paysages vertigineux sont au rendez-vous, le Mont Illampu, quand à lui, ne montrera le bout de son nez que quelques minutes...


La nuit est déjà bien tombée quand nous retrouvons Sorata. Il faut dire que ce n'est pas le première fois que l'on se fait surprendre par le coucher du soleil. Depuis le début de notre voyage, on s'étonne à chaque fois de voir la nuit tomber à 17h... On s'habitue pas vraiment !