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samedi 11 décembre 2010

Le Salar et le Sud-Lipez


Uyuni
Voici certainement l'excursion la plus incroyable au niveau des paysages que nous ayons faite : le Désert de sel et le Sud-Lipez dans le sud-ouest de la Bolivie. C'est ici que la Bolivie renferme toute sa diversité et ses trésors naturels.


Nous embarquons dans une jeep d'une des 90 agences d'Uyuni. Ce village fantômatique comptent effectivement plus d'agences que d'habitants ! A bord, un couple de belge bien sympathique voyageant 1 an durant avec leur petite fille de 5 ans ne manque pas d'attirer nos questions. Encore une fois, on constate que la communauté des voyageurs "sac à dos" est grande et diversifiée.

Première halte dès le premier kilomètre dans le Cimetière de trains. Drôle d'endroit façonné par les hommes, où reposent depuis 150 ans, les premiers trains boliviens, comme des baleines échouées sur une plage de sable. L'occasion parfaite pour y faire notre trentième shooting photo! 

On continue avec l'exploitation de sel de Colchani: une production annuelle d'environ 25 000 tonnes ne risque pas d'épuiser les 10 milliards de tonnes estimées du gisement. C'est vraiment impressionnant, ce blanc à perte de vue, semblable à une surface enneigée ou à un grand lac glacé...Nous déjeunons sur une table en sel au milieu du désert de sel, à côté d'un hôtel de sel, assises sur des chaises en sel avec des verres en... plastique remplies de Coca-Cola ! 




La Isla del Pescado
Après la visite rapide de l'exploitation de sel de Colchani, nous arrivons dans le Salar, cette étendue de sel, vestige d'un lac d'eau de mer asséché, située à 3 700 mètres d'altitude. Avec une superficie de 12 500 km², il est le plus vaste désert de sel du monde et représente un tiers des réserves de lithium exploitable de la planète. Sa formation remonte à 40 000 ans où l'étendue d'eau salée était une partie du Lago Minchin, un lac préhistorique géant. En s'asséchant, il laissa derrière lui deux petits lacs encore visibles, le Lago Poopo et le Lago Uru Uru et deux grands déserts de sel, le Salar de Coipasa et le gigantesque Salar d'Uyuni. Au milieu de ce désert de sel repose une oasis dépourvue d'eau. La Isla del Pescado (île du poisson), où poussent des cactus géants, est nommée ainsi en raison de sa forme. Un petite marche de 30 minutes pour arriver au "sommet de l’île", et nous avons un point de vue formidable sur toute cette étendue de sel. 




Le soir, nous dormons dans un hôtel construit entièrement en sel, étrangement situé dans un désert de terre, à côté du désert de sel. Les murs, le sol, les lits, les tables, les chaises, tout est taillé dans le sel... amusant ! Parfait également pour saler la bouffe du soir, y'a qu'à se baisser ! Nous y aurons tout le confort nécessaire dont des douches avec eau chaude (c'est si rare). Nous ne pouvons décidément pas échapper à certains complexes touristiques qui sont sans aucun doute des aberrations dans ce paysage.

Le lendemain, nous repartons dans notre jeep qui est devenue notre maison. En effet, on passe beaucoup de temps à rouler pour s'arrêter seulement quelques dizaines de minutes sur les sites. Nous regrettons d'ailleurs que notre chauffeur censé être le guide de cette excursion ne soit pas plus loquace car nous n'apprendrons pas beaucoup de choses grâce à lui ! Et avoir une collection de photos de tous les sites n'était pas vraiment un but... Mais heureusement, le bon guide du routard est toujours avec nous !!! Nous commencerons la journée par observer un volcan actif à la frontière du Chili : le Volcan Ollagüe. Si, si, il y avait bien de la fumée pour de vrai qui en sortait, regardez bien...

le Volcan Ollagüe


Toute la journée, nous continuons notre envolée dans le désert en parcourant la série des lagunes peuplées de flamants roses: Laguna Hedionda, Laguna Cañapa, Laguna Chiarkota, Laguna Honda... Toutes avec des couleurs rouges, bleues, vertes impressionnantes, en fonction des microorganisme qui y vivent et du vent qui agite la surface. Par contre, on commence réellement à souffrir du vent, qui est littéralement glacial !! En fin de journée, nous arrivons à la plus grande et célèbre lagune, la Laguna Colorada, située dans la réserve nationale de faune andine Eduarda Abaroa. Nous passerons la nuit au bord de la lagune dans un hôtel sommaire où le chauffage n'existe pas! Nous prenons nos gants, pulls en laine et autres vêtements couvrants pour pouvoir admirer la lagune au coucher du soleil. La coloration rouge de ses eaux est due à des sédiments de couleur rouge et aux pigments de certains types d'algues qui y vivent. Les tons de l'eau vont des nuances marron jusqu'aux rouges intenses. C'est aussi le lieu de reproduction pour les flamants des Andes (flamants roses).
La Laguna Colorada
Le lendemain, départ à 4h30 et on se gèle toujours sévère mais il faut bien, pour voir la beauté des souffles de vapeurs venus de la terre : les fameux geysers (à près de 5000 mètres d'altitude). Ensuite, nous arriverons à 7h aux thermes naturelles, l'heure parfaite pour prendre un petit bain au lever du soleil !!!Avant de lâcher deux françaises de notre jeep à la frontière du Chili, nous nous arrêtons dans la dernière lagune, la Laguna Verde (lagune verte), dominée par le volcan Licancabùr. Sa couleur verte provient d'une forte concentration en magnésium. Pour la petite histoire, ce serait l'endroit du monde le plus photographié par le National Geographic.


Pour le retour à Uyuni, on passe de champs de pierres volcaniques sculptées aux déserts de sable peuplés de vigognes sauvages, du fameux "arbre de pierre" dans le Desierto de Siloli au désert de Salvador Dali.


la Laguna Verde

dimanche 5 décembre 2010

Saute-Mouton


Après un séjour à La Paz, notre itinéraire nous conduisait à Potosi. Nous avions acheté notre billet à l'avance et nous nous sommes rendu le jeudi 11 novembre à l'autogare prendre notre bus de nuit. Mais qu'apprenons-nous à une demi heure du départ? Tous les voyages en direction de Potosi et Sucre sont annulés en raison de blocus routiers. Il faut savoir que le réseau routier en Bolivie ne propose pas 36 solutions pour se rendre d'un point A à un point B. Tous les chemins ne mènent finalement pas à Rome et ne sont pas toujours empruntables.

Pourquoi ces blocus? Quelques heures auparavant, on apprenait dans notre guide du routard que ceux-ci pouvaient être fréquents, surtout dans la région de Potosi, où les habitants manifestent régulièrement leur mécontentement vis à vis du gouvernement à qui il est demandé la nationalisation des mines. Pas de bol! On a eu beau acheté le journal ce jour là, nous n'avons pas eu vent de ces blocus, et nous ne serons pas les seules.

Ces blocus avaient apparemment pris leur source dans l'absence remarquée du Président Morales, ou de l'un de ses représentants, à la célébration du bicentenaire de la ville de Potosi. Toutefois, celui-ci avait un argument valable puisqu'il s'est fait opérer du genou le samedi précédent et était en convalescence dans sa ville d'origine Cochabamba. Cela tombe bien! Nous décidons justement de nous y rendre au lieu de rester à attendre à La Paz sans savoir encore combien de jours. Nous passerons deux jours à Cochabamba, à lire, écrire et déguster des glaces par plus de 30 degrés (le bronzage commence à venir!).

Le samedi 13, les blocus sont levés et nous pouvons rejoindre Potosi, perché à 4070 mètres d'altitude. Cette ville connût son âge d'or au 17ème siècle et inondait alors l'Europe des matériaux les plus précieux. Aujourd'hui, il semblerait qu'elle ne soit plus que l'ombre d'elle même. Les mines, qui ont fait sa plus grande fortune, sont devenues son plus grand malheur. A l'heure actuelle, on y exploite encore le zinc et le plomb, unique gagne-pain des gens de la région, exposant alors leurs poumons à la silicose et à une mort prématurée. L'architecture coloniale constitue les seules richesses qui lui restent.

Potosi


Malheureusement, la situation de Potosi nous ne la connaîtrons que dans les livres. Nous apercevrons juste ses jolies ruelles, ses couvents et ses églises, la maladie laissant à cette destination un léger goût amer.

De nouveau sur pied, nous nous dirigeons cette fois à Uyuni. Voyage de six heures à travers la pampa, sur une route non-revêtue, et un nombre incalculable de secousses qui ont failli plus d'une fois nous envoyer la tête dans le plafond, acompagnées alors de spontanés éclats de rire! Laissez tomber Europapark, les routes boliviennes vous assureront de fortes sensations!

Autre aventures pittoresque: les arrêts pipi. Au premier stop, dans un petit village perdu, on nous dit gentiment qu'il n'y a pas de toilettes et que la pampa est à notre disposition. Mais on n'y joue pas aussi facilement à cache-cache que dans nos forêts franc-comtoises (dans ces moments là, on rêverait presque d'être un homme)! Toutefois, une mama nous explique, dans un langage à moitié perceptible, qu'il y a des toilettes un peu plus loin. Nous marchons dans la direction indiquée mais rien ne semble s'apparenter à des toilettes, quand, au tournant d'une petite cabane sans toit ni porte nous découvrons un trône asséché. A la vue de ces charmantes commodités, nous décidons d'attendre le prochain arrêt. Mais encore une fois, pas de lieu d'aisance. Nous finirons par trouver refuge derrière un muret!

Aux environs d'Uyuni, la pampa céda la place à un gigantesque champ de sacs plastiques qui nous évoqua alors une sorte de performance artistique contemporaine. L'entrée dans la ville nous laissa également une forte impression. Nous nous sentions alors comme deux héroïnes d'un film de science-fiction américain, pénétrant dans cette ville déserte, ou seuls s'accrochaient quelques survivants d'une horrible catastrophe épidémique.

Uyuni