jeudi 11 novembre 2010

Plaisirs culinaires péruviens

Après un mois passé au Pérou, nous en avons gouté des plats !!! Pour commencer, on peut dire que les péruviens ont bon appétit : les menus comprennent des bonnes rations, il nous est arrivé plus d'une fois de partager un seul plat tellement les portions sont énormes. Beaucoup de choses à base de patates, maïs, riz et viandes (et très souvent dans le même plat !)

Voici quelques plats péruviens qui ont ponctué notre voyage....

Pollo con papas (poulet avec pommes de terre frites)

Non pas que ce soit le plat le plus original, c'est surtout le plus répandu et le moins cher... Et il faut dire que le poulet au Pérou est absolument délicieux, incomparable avec le poulet français et on ne parle même pas du poulet québécois ! On a donc consommé beaucoup de poulet et sous toute ses formes : à la milanaise (frit), à la broche, à la plancha, ...


Anticuchos de corazón de res
les anticuchos de corazón de res sont faits à partir de morceaux de cœur de bœuf mariné, qui sont ensuite piqués sur une brochette, et grillés. Les péruviens mangent énormément d'abats.

Avec des dizaines de variétés différentes, il est normal de trouver beaucoup de spécialités à base de maïs. Le Choclo con queso (maïs avec fromage) se vend peu cher dans la rue.

Dans les restaurant, on peut prendre des Humitas, il s'agit d'une pâte de maïs cuite et assaisonnée vendue dans la feuille du maïs.
En plus du maïs, le Pérou cultive également un nombre impressionnant de variétés de pommes de terre : plus de 4 000 ! Nous avons particulièrement apprécié la camote, une patate douce.

Pachamanca, spécialité péruvienne consistant à cuire les aliments à l'étouffé
Ceviche
Le ceviche est une marinade de poissons, de jus de citron vert et d'oignon, souvent accompagné de patate douce, de salade et de maïs. Le ceviche est donc «cuit» dans le jus de citron et servi froid.

Lomo saltado
C'est à la base un mélange de cuisine péruvienne et orientale. Mélange de viande de bœuf, d'oignons, ce met très populaire est consommé dans les marchés et est présent sur toutes les cartes des restaurants. C'est surement le plat qui représente le plus la cuisine péruvienne dans le monde.


L'alpaca et le "cuy"
Eh oui... La viande d'alpaca (cousin du lama) se mange ! L'animal, plus que l'emblème du pays, est présent jusque dans nos assiettes ! Nous n'avons jamais autant mangé de viande qu'au Pérou. Il y en a dans tous les menus et parfois même, il y a deux ou trois viandes différentes dans le même plat. Si vous vous demandez en lisant ces lignes ce qu'est le Cuy, c'est tout simplement le cochon d'Inde... Il y en a même qui gambadent dans certaines cuisines ! Nous avouons n'avoir pas eu le courage d'en manger, surtout qu'il est servi en entier sur l'assiette !


Des fruits et des légumes bizarres !
En traversant l'Océan, on ne peut que trouver des fruits et légumes que nous sommes peu habituées à trouver en France. On se régale tous les jours avec les jus de fruits frais : papaye, ananas, pomme, mangue, pepino, chirimoya et d'autres fruits dont on ne se souvient pas toujours des noms. Niveau légumes, on a surtout apprécié les soupes de zapallo, entre la citrouille et la patate douce.



Et comme il faut bien boire avec tout ça....

Pisco Sour
Comment passer à côté puisque ce coktail est fait à partir du Pisco, l'alcool national... Une bonne dose de Pisco, un peu de jus de citron, du sucre et 1 blanc d'oeuf et vous obtenez un Pisco Sour !




Inca Cola
Soda national jaune fluo, sans alcool et sûrement plus bu que le Coca Cola ! Nous avons constaté depuis le début l'intérêt des péruviens pour le sucré et le chimique que l'on a immédiatement retrouvé dans cette "délicieuse" boisson au goût de bonbon.




Chicha morada o Jora
Plus naturel, ce rafraîchissement préparé à base de maïs fermenté (maïs violet pour la chicha morada et maïs blanc pour la chica jora), est vendu bon marché à tous les coins de rues ou dans les chicherias. Sa fabrication est un secret qui se transmet de mère en fille, nous ne pouvons donc pas vous en dire davantage sur sa composition.

Mate de Coca
La coca, plante présente en Amérique latine, joue un rôle important dans la culture andine, où son usage remonte à près de 5 000 ans. Les feuilles de coca sont grandement consommés soit par la mastication ou par infusion (mate de coca). On leur reconnaîtrait des vertus médicinales pour la digestion, pour la cicatrisation de la peau, contre le mal des montagnes, contre les caries, et bien d'autres choses encore.



Les cervezas (bières)

On en trouvait une particulière à chaque ville : la Cusqueña à Cuzco, l'Arequipeña à Arequipa, etc. On trouve même de la bière parfumée à la coca, l'Apu !


A la rencontre du Puma gris

En ce premier novembre, nous sommes parties à la découverte du plus haut lac navigable au monde: le lac Titicaca ou, Titikaka, qui signifie "puma gris" (si vous retournez une carte du lac, vous êtes sensés voir apparaître un puma, que nous n'avons jamais réussi à distinguer!).

Du haut de ses 3812 mètres d'altitude et de ses 8340 mètres de superficie, le lac Titicaca marque également la frontière entre le Pérou et son ancienne annexe, le "Haut Pérou", autrement nommée à l'heure actuelle "Bolivie". Nous avons donc entrepris de visiter différentes îles de ce lac, berceau de la civilisation inca.




Notre premier accostage nous a amené sur les îles Uros, ces fameuses îles flottantes faites de roseaux, appelé "la totora", avec lesquelles notre pied trouva le contact fortement "intéressant"! Une quarantaine d'îles forment la communauté Uros, composée à peine de 2000 habitants, et dont seules quelques terres sont ouvertes à tour de rôle aux touristes.

A notre arrivée sur Winay Pacha, nous avons eu droit à une petite démonstration de la construction des îles: les hommes vont tout d'abord chercher de gros blocs de terre à quelques kilomètres de là et plantent des racines d'eucalyptus à l'intérieur de ces blocs. Une fois que ceux-ci ont poussé, ils coupent le tronc et les attachent ensemble, à l'aide d'une corde, autrefois faite en roseau et aujourd'hui en synthétique. Ensuite, ils placent en quadrillage des roseaux sur ces blocs et leur île voit ainsi le jour! Pour la cuisine, on installe une pierre là où prendra place le poêle, afin d'éviter un joli petit feu de joie! Puis on réhausse les maisons avec un lit de roseau.



Les îles vivent essentiellement du tourisme. Les hommes sont en charge de la fabrication des mini-bateaux en roseau, tandis que les femmes confectionnent les tissus représentant la vie quotidienne de l'île ou les Dieux Incas. Un fois la présentation terminée, nous avons eu le droit de visiter librement les maisons. Un nouvel attrape-touristes, puisque tant de convivialité mène à une sollicitation plaintive de la part des femmes et des enfants (les hommes délaissent l'île durant la journée pour travailler à Puño) pour que nous leur achetions quelques-uns de leurs travaux! L'ambiance qui règne d'ailleurs sur cette île nous a amené à nous demander si nous n'étions pas dans un village-témoin. Malgré tout, la beauté du lac et le côté insolite de ses îles réussirent à nous charmer.


Des îles Uros, nous sommes parties en direction de l'île Amantani. Trois heures de navigation et une heure de panne plus tard, nous mettions enfin le pied à terre, accueillies par des familles qui allaient nous offrir le gîte et le couvert pour la nuit, moyennant quelques soles. Nouvelle déception! L'accueil, chez l'habitant, nous conduit à partager notre repas dans notre chambre ...avec d'autres français!



Mais nous ne nous sommes pas déclarées vaincues pour autant, et nous avons quand même tenté de découvrir en quoi consistait la vie quotidienne de cette île, notamment en sympathisant avec Delia, la fille de notre hôte, âgée d'une douzaine d'année. Charmante jeune fille, malicieuse et timide à la fois, d'une grande élégance enveloppée dans son châle noir brodé de fleurs de couleur, accessoire vestimentaire des femmes, confectionné par les hommes.



On accompagna donc Delia chercher de l'eau au puits à la nuit tombée. Et nous fûmes plus qu'impressionnées de constater comment elle se mouvait, tel un félin dans une obscurité des plus profondes, tandis que nous, nous étions accrochées à notre lampe frontale! L'occasion également d'admirer, entre deux étoiles filantes, le plus beau ciel étoilé qu'il ne nous avait jamais été donné de voir! Delia, nous expliqua alors comment et où se laver. Sur l'île, les conditions d'hygiène sont assez rudimentaires, puisque pour faire sa toilette il faut s'approvisionner au puits et qu'aucun conduit n'y est relié. Les sceaux font alors office de chasse d'eau et les bassines de lavabos.

Le lendemain matin, nous partîmes, sur une eau quelque peu agitée, pour l'île Taquile, magnifique île, aux allures méditerranéennes, perchée à 3950 mètres d'altitude. Nous nous promenâmes au travers d'un paysage aride, croisant par-ci et par-là des troupeaux de moutons. Au loin, nous pouvions admirer la danse des eucalyptus avant de nous perdre dans le bleu-topaze du lac.



Sur cette île, le code vestimentaire n'est pas pris à la légère. Les hommes portent des pantalons et des vestons noirs, ainsi que des ceintures brodées par les femmes (dont l'attache est fabriquée à partir de leurs cheveux!). Ils tricotent toutefois leur bonnet: rouge s'ils sont mariés; rouge et blanc si ce sont des âmes esseulées. Cependant, on constate une variante! Si l'homme est réellement "en chasse", il mettra son pompon en arrière, tandis qu'il le plaquera sur son oreille droite s'il s'est déjà engagé! Quant aux femmes, elles se protègent le visage d'un grand châle si elles sont célibataires ou le dégagent en arrière si elles sont mariées. Étrange, non?! Nous nous sommes alors tous fait la réflexion que cette logique permettait peut-être de laisser leur chance aux plus disgracieuses!



Code de conduite péruvien à l'attention du touriste-lambda


1) Négociations:


Au Pérou, tout se négocie. Les prix n'étant pas affichés et le curseur montant ou descendant selon l'intensité de la couleur de votre peau, n'hésitez pas à marchander tout en gardant à l'esprit la convertibilité soles-euros et en ne dépassant pas une certaine limite qui vous vaudrait un "Turista, vuelve a tu pais!".



2) Restauration:

Se restaurer au Pérou mettra à l'épreuve votre patience. Voici donc quelques conseils:
- Si vous souhaitez être servis rapidement, c'est à dire 10 à 15 mn, commandez le menu du jour.
- Si vous souhaitez prendre à la carte mais dégustez vos mets en même temps que votre compagnon de route au lieu de saliver devant lui en attendant d'être servi à votre tour, commandez le même plat! Et prévoyez tout de même d'avoir deux heures devant vous!


3) Salutations:

Le péruvien fait preuve de cordialité et plus particulièrement en milieu rural. Et ne parlons pas des enfants qui vous salueront à tout bout de champ. Alors n'hésitez pas à lancer en premier un souriant "Buenos Dias"!


4)
"¿Disculpe, puede decirme dónde está la Plaza de Armas...?":

Si vous hésitez sur la trajectoire à prendre ou avez besoin d'une quelconque information pour continuer votre route, demandez à un passant ou à un commerçant de vous conseiller. Ils le feront avec plaisir. Mais attention, parlez l'espagnol devient alors extrêmement utile car seul dans les structures touristiques, l'anglais vous dépannera. Et puis, un voyage culturel c'est aussi un voyage linguistique!


5) A la queue leu leu:

Si nos précédents voyage, au Portugal, au Canada, ou en Angleterre, nous ont démontré que les français avaient bien fort à faire en matière de civilité dans les files d'attente, au Pérou, il n'y a rien de surprenant à voir quelqu'un se faufiler devant soi l'air de rien. Et rien ne sert de pester, vous n'avez qu'à faire pareil!


6) Sur la route:

Outil indispensable du chauffeur au Pérou: le klaxon! Si vous prenez le volant, sachez que si la route est dégagée, autant prendre vos aises, quitte à rouler franchement à gauche! Mais à l'approche d'un virage, n'oubliez pas de faire savoir que vous êtes là: Tûûûttttt!!!!!
Si vous croisez un chien, un paysan avec son chariot, une vache ou un autre véhicule doublant dans le sens inverse et vous arrivant droit dessus: klaxonnez encore et toujours!
Les freins ne vous serviront qu'en dernier recours, si jamais vous n'avez pas eu le dernier mot! Et surtout n'oubliez pas de faire retentir dans votre véhicule les derniers tubes de variété latino!




7) Les chiens errants

Les chiens errants sont nombreux mais inoffensifs. Toutefois évitez de sympathiser avec eux, sinon ils ne vous lâcheront plus!


8) La religion:

Le Pérou est un pays chrétien, ceci est indéniable. Il n'y a qu'à constater les christs suspendus aux rétroviseurs ou peints sur les bus. Toutefois, l'Amérique latine est l'un des meilleurs lieux pour observer les effets du syncrétisme. Ainsi les amérindiens qui risquaient la mort en refusant de s'évangéliser, ont trouvé le moyen de marier les croyances de leurs ancêtres, notamment les incas, avec les préceptes de la chrétienté. Ne soyez donc pas surpris, par exemple, en découvrant dans un marché des poupées en tissu représentant aussi bien "Marie, Joseph et Jésus", que "Pachamama, Pachapapa et leur enfant" (La terre-mère et la terre-père") selon la version que votre interlocuteur voudra bien vous donner. Quelque soit votre culte, il est alors important de respecter le sacré des lieux que vous visiterez et les pratiques religieuses de vos hôtes.



9) Les enfants:

Les enfants sont au Pérou très indépendants. Ne vous étonnez pas de les voir seuls dans les rues ou voire, vous servir dans le commerce de leurs parents (malheureusement!). Ils pourront vous solliciter quelques fois pour des "caramelos" ou de l'argent! A vous de voir la position que vous souhaitez adopter, mais autant emporter avec vous quelques babioles!

mercredi 10 novembre 2010

La Vallée Sacrée des Incas

Au nord du Cuzco s'étend une vallée qui suit la rivière Urubamba. On l'appelle la Vallée sacrée des Incas. Cette vallée renferme de nombreux sites archéologiques que nous sommes allées découvrir à travers champs.

Vallée Sacrée des Incas

Sacsahuamàn
A quelques kilomètres (subiendo) au-dessus de Cuzco, nous découvrons tout d'abord le site de Sacsahuamàn, une forteresse inca qui offre une superbe vue sur Cuzco. Cette forteresse a été édifié avec des blocs si énormes qu'ils pèsent plusieurs tonnes... Ce n'est donc certainement pas nous qui les aurait tirés depuis Cuzco au vu du dénivelé ! Quelques kilomètres plus loin, nous visitons le site de Kenko. Cette fois, il s'agit d'un sanctuaire rupestre consacré au culte du Puma (Dieu de la Guerre) qui aurait été aménagé par Huayna Capac lors de la naissance de son fils Huascar.

C'est à partir de ce moment là que nous décidons de jouer vraiment plus les aventurières! Pour rejoindre le site de Puca-Pucará, après avoir refusé une montée en cheval des dizaines de fois, service proposé par les habitants du coin, nous décidons de couper à travers champs ! Quelle bonne idée nous avons eu car les paysages sont superbes...



Juste en dessous du site de Puca-Pucará, se trouve le site de Tambomachay, appelé Bain de l'Inca. Les incas y venaient probablement pour la source sacrée qui coule de terrasse en terrasse et pour y accomplir certains rites religieux.
Tambomachay

Cette région protégée est parfaite pour l'agriculture et a été la ressource principale de la civilisation Inca en altitude. C'est pourquoi on y trouve de nombreuses terrasses sur les pentes des montagnes qui sont encore utilisées de nos jours par les fermiers locaux.

Nous souhaitons désormais rejoindre le village de Pisac à 30 kilomètres pour y passer la nuit. Mais où nous sommes postées, la circulation n'a pas l'air bien dense. Et pourtant il n'aura fallu que15 minutes d'attente pour monter dans un bus local : on s'entasse dans un de ces petits "combis" qui ne paient pas de mine, mais qu'on commence à bien aimer...

Ruines de Pisac

Pisac est un village fort agréable posé au fond de sa vallée, il possède le site archéologique inca le plus important après le Machu Picchu.

Après la montée aux ruines, nous faisons un tour dans le marché de Pisac où nous ferons des bonnes rencontres qui nous amèneront dans une chicheria (endroit où on boit la chicha) avec un vendeur de bijoux du marché !

Un hamburger d'alpaca plus tard, nous partons en direction du village de Chinchero. C'est sur ce trajet que le drame se passe ou plus exactement au terminal terrestre d'Urubamba : Sabine oerd ses lunettes de soleil... Si vous passez par là, pensez à les récupérer!
À Chinchero, des ruines et encore des ruines ! Mais également, un étonnant décor comme dans les films de Sergio Leone, surtout avec le coucher du soleil.





Nous y apprendrons un peu plus sur la méthode de fabrication des textiles si typiques du pays : filage de la laine d'Alpaca (à l'ancienne), coloration naturelle et enfin tissage. La coloration se fait uniquement avec des produits naturels : le maïs pour les tons rouge / rose / violet, la feuille de coca pour les tons vert, les insectes (que l'on avait découvert dans le canyon de Colca et qui servent aussi dans les cosmétiques) pour les tons rouges. La couleur bleu reste la plus dure à obtenir car peu présente dans la nature...

Le tissage est l'étape la plus longue car encore faite à la main par ces femmes : il faut plusieurs mois pour réaliser un tissage de 1 mètre.



La flûte andine à toutes les sauces

On peut dire que niveau musique, on entend beaucoup mais beaucoup de flûte de pan !!!
Ca peut aller du petit groupe sympa dans un resto....



... à des reprises improbables de tubes que nous connaissons bien : Abba, les Beatlles, etc.

vendredi 29 octobre 2010

La cité perdue



Perchée à 2400 mètres d'altitude, le Machu Picchu, patrimoine mondial de l'UNESCO, impressionne tant par sa majestuosité que par le mystère qui l'entoure encore aujourd'hui. Était-ce une forteresse, une capitale religieuse, la résidence secondaire des empereurs?

Préservée de la colonisation espagnole, cette citée, où devaient demeurer jusqu'à 1800 personnes, aurait été abandonnée par ses habitants qui se seraient réfugiés afin de fuir l'ennemi, dans des villes voisines, encore plus inaccessibles. Bien que d'autres supposent qu'une épidémie aurait dévasté toute la population.

Oubliée du reste du monde durant trois siècles, c'est en 1911, que Hiram Bingham, un archéologue américain, découvre le Machu Picchu, le "vieux sommet" en quechua, où y habitait alors un couple de paysans. Nous sommes parties donc à notre tour à la conquête de cette merveille du monde.

Le trajet pour gagner le Machu Picchu nous a d'abord amené à Ollantaytambo, à 1h15 de la ville de Cuzco. Nous avons pris le temps de visiter les ruines qui surplombent le village. Village dont la construction respecte les anciennes fondations incas.

Ollantaytambo

De là, nous avons pris le train pour Aguas Calientes. Expérience assez amusante, car même si on comprend bien que les étrangers paient plus cher leur billet que les locaux, nous ne pensions pas que chacun avait son wagon respectif: les péruviens d'un côté, les étrangers de l'autre!

Le long du trajet, le paysage change. Peu à peu, on pénètre dans une atmosphère tropicale, et arrivées 2h plus tard à Aguas Calientes, on est dans un décor totalement différent: sur les rives de l'Urubamba, une végétation luxuriante nous entoure, depuis laquelle s'élèvent des chants d'oiseaux des plus surprenants. Toutefois, Aguas Clientes est un village aux allures de mini-ville. Composé à 70% de touristes en tant que lieu d'accueil des visiteurs du Machu Picchu, on ne trouve que restaurants et bars où l'Happy Hour dure 24h/24!

Aguas Calientes


Nous y avons passé une nuit, avant de nous lever aux aurores pour entreprendre notre ascension d'un peu plus de 300 mètres jusqu'à la vieille cité inca. Nous nous sommes enfoncées progressivement dans la forêt tropicale. Une heure d'effort plus tard, nous arrivions sur le site. La brume enveloppait les sommets alentours et en particulier celui du Wayna Picchu ("jeune sommet" en quechua). C'est cette majestueuse montagne que vous voyez se dresser derrière les ruines. Il est possible de la gravir, privilège réservé aux 400 premiers candidats qui se présentent sur le site pour profiter d'un (à ce qu'il paraît) époustouflant panorama sur la vallée de l'Urubamba. Vous l'aurez bien compris, malgré notre arrivée à l'aube et notre place ainsi garantie, nos jambes étaient encore bien fébriles de la "subida" fraîchement accomplie. Nous avons donc fait preuve d'humilité devant ce nouveau défi.






Nous avons alors préféré nous promener tranquillement au milieu des ruines. La ville s'organise selon différents quartiers:



Les maison des agriculteurs, aux côtés des terrasses cultivées:



Le temple du Soleil et le Palais royal:



L'observatoire ou Intiwana où se dresse un monolithe faisant office de cadran solaire:



Le temple des trois fenêtres dont les orifices auraient servi à renvoyer les rayons du soleil pour éclairer la place sacrée:



Le quartier des habitations:



Pour circuler entre les différents quartiers et en comprendre les usages, une simple carte nous avait été fournie à l'entrée du site. Si l'on considère le tarif global pour une visite du Machu Picchu, on trouve bien dommage qu'une part plus importante ne soit pas réinvestie dans la muséographie. Mais heureusement, notre "Guide du routard" entre les mains de Marie valait tous les guides du monde!

Cette découverte du site nous donna quelques frissons. Tout d'abord par la beauté du cadre naturel dans lequel se dressent ces immenses pierres. Mais aussi d'imaginer la vie de cette cité. Pour cette civilisation, le culte du soleil régissait toute leur organisation. Et les sacrifices humains étaient monnaie courante pour attirer les grâces des Dieux. Qu'il fait bon vivre à notre époque!!!

Question écologie au Pérou

Une chose frappe nos yeux d'européens, depuis notre arrivée au Pérou : la pollution.
En effet, ici, la pollution est présente partout, en ville comme en campagne : des milliers de sacs plastiques jonchent le bord des routes, on croise des décharges à ciel ouvert, des petites ruelles cachent souvent un tas d'ordures, et dans les villes, on ne sent que les pots d'échappement... Nos yeux (et nos nez!) ne sont plus habitués à ce genre de spectacle, et nos consciences sont parfois choquées par le comportement des habitants. Ces Fils du Soleil, descendants des Incas qui vénéraient le Soleil, la Lune, la Terre Nourricière, et qui, aujourd'hui, jettent jusqu'à leurs sacs plastiques par les fenêtres des bus...

N'y a t-il réellement aucune conscience écologique au Pérou ?

Il y a un manque de moyens évident du pays qui a certainement aujourd'hui d'autres priorités que de s'occuper du traitement de ses déchets, quand tous les enfants ne vont pas à l'école, et qu'il reste beaucoup de routes à goudronner... Mais, il semblerait que les habitants ont aussi du mal à se projeter à long terme, ce qui se reflète dans la vie politique du pays. En effet, le Pérou sort de nombreuses années de terrorisme et de guérilla qui ont profondément marquées les mentalités des habitants. Il faut sûrement aussi prendre en compte que le Pérou se trouve sur une zone sismique importante et ne compte plus les tremblements de terre qui ont ravagé le pays. Mais il y a quand même une lueur d'espoir, quand on voit les inscriptions sur certains bords de routes, ou encore dans cette manifestation devant le palais de justice de Cuzco (photo ci-dessous). C'est certainement par la nouvelle génération que la prise de conscience se fera, mais je pense que nous (pays occidentaux), qui avons une longueur d'avance à ce niveau, pouvons faire quelque chose. Car ce sont en partie les grosses industries qui sont omniprésentes ici, comme Coca-Cola, Nestlé ou Nivéa par exemple, qui profitent de la rentabilité du marché Sud-Américain.

Voilà, c'est aussi ça notre voyage : ouvrir nos yeux sur ce monde que nous traversons et sur ses réalités, même si elles ne sont pas toujours très belles...