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mercredi 10 novembre 2010

La Vallée Sacrée des Incas

Au nord du Cuzco s'étend une vallée qui suit la rivière Urubamba. On l'appelle la Vallée sacrée des Incas. Cette vallée renferme de nombreux sites archéologiques que nous sommes allées découvrir à travers champs.

Vallée Sacrée des Incas

Sacsahuamàn
A quelques kilomètres (subiendo) au-dessus de Cuzco, nous découvrons tout d'abord le site de Sacsahuamàn, une forteresse inca qui offre une superbe vue sur Cuzco. Cette forteresse a été édifié avec des blocs si énormes qu'ils pèsent plusieurs tonnes... Ce n'est donc certainement pas nous qui les aurait tirés depuis Cuzco au vu du dénivelé ! Quelques kilomètres plus loin, nous visitons le site de Kenko. Cette fois, il s'agit d'un sanctuaire rupestre consacré au culte du Puma (Dieu de la Guerre) qui aurait été aménagé par Huayna Capac lors de la naissance de son fils Huascar.

C'est à partir de ce moment là que nous décidons de jouer vraiment plus les aventurières! Pour rejoindre le site de Puca-Pucará, après avoir refusé une montée en cheval des dizaines de fois, service proposé par les habitants du coin, nous décidons de couper à travers champs ! Quelle bonne idée nous avons eu car les paysages sont superbes...



Juste en dessous du site de Puca-Pucará, se trouve le site de Tambomachay, appelé Bain de l'Inca. Les incas y venaient probablement pour la source sacrée qui coule de terrasse en terrasse et pour y accomplir certains rites religieux.
Tambomachay

Cette région protégée est parfaite pour l'agriculture et a été la ressource principale de la civilisation Inca en altitude. C'est pourquoi on y trouve de nombreuses terrasses sur les pentes des montagnes qui sont encore utilisées de nos jours par les fermiers locaux.

Nous souhaitons désormais rejoindre le village de Pisac à 30 kilomètres pour y passer la nuit. Mais où nous sommes postées, la circulation n'a pas l'air bien dense. Et pourtant il n'aura fallu que15 minutes d'attente pour monter dans un bus local : on s'entasse dans un de ces petits "combis" qui ne paient pas de mine, mais qu'on commence à bien aimer...

Ruines de Pisac

Pisac est un village fort agréable posé au fond de sa vallée, il possède le site archéologique inca le plus important après le Machu Picchu.

Après la montée aux ruines, nous faisons un tour dans le marché de Pisac où nous ferons des bonnes rencontres qui nous amèneront dans une chicheria (endroit où on boit la chicha) avec un vendeur de bijoux du marché !

Un hamburger d'alpaca plus tard, nous partons en direction du village de Chinchero. C'est sur ce trajet que le drame se passe ou plus exactement au terminal terrestre d'Urubamba : Sabine oerd ses lunettes de soleil... Si vous passez par là, pensez à les récupérer!
À Chinchero, des ruines et encore des ruines ! Mais également, un étonnant décor comme dans les films de Sergio Leone, surtout avec le coucher du soleil.





Nous y apprendrons un peu plus sur la méthode de fabrication des textiles si typiques du pays : filage de la laine d'Alpaca (à l'ancienne), coloration naturelle et enfin tissage. La coloration se fait uniquement avec des produits naturels : le maïs pour les tons rouge / rose / violet, la feuille de coca pour les tons vert, les insectes (que l'on avait découvert dans le canyon de Colca et qui servent aussi dans les cosmétiques) pour les tons rouges. La couleur bleu reste la plus dure à obtenir car peu présente dans la nature...

Le tissage est l'étape la plus longue car encore faite à la main par ces femmes : il faut plusieurs mois pour réaliser un tissage de 1 mètre.



vendredi 29 octobre 2010

Jesusa et ses chullos



Si vous venez à Cuzco et que vous grimpez la calle Resbalosa, prenez le temps de vous arrêtez à mi-chemin pour admirer les travaux de Jesusa, un petit bout de femme d'une quarantaine d'année, qui tient un étal de lainage. Pour quelques soles vous pourrez alors ramener un chullo (bonnet péruvien) en souvenir.

Cela fait presque une dizaine d'année qu'elle s'est installée dans cette rue. Avec d'autres collègues, comme elles les appelle, elle partage un dépôt un peu plus bas dans la rue, marqué par une porte en bois de couleur bleue. Elle loue le local 50 soles le mois. Tous les matin, elle vient y chercher les pulls, les gants et les chaussettes en alpaca (animal proche du lama, très apprécié pour sa laine et sa viande) qu'elle a confectionnés elle-même, à la main ou à la machine. Et quelques marches plus loin, elle installe sa marchandise à la vue des passants. Vous la verrez tricoter sans cesse afin de vous proposer un plus large éventail de choix, sachant qu'un petit bonnet lui coûte déjà 4 à 5h de travail.



Nous avons rencontré Jesusa dès notre premier jour à Cuzco. On lui a acheté un petit chullo et elle nous a alors remercié, ainsi que Dieu pour nous avoir permis de lui acheter un des ses travaux. Au fil des jours, alors que la montée de la rue Resbalosa épuisait notre souffle, nous nous arrêtions faire une pause auprès de Jesusa, admirant ses œuvres et succombant quelquefois. Elle nous explique alors les difficultés qu'elle rencontre.

La meilleure période de l'année reste les mois de juin, juillet et août, la saison touristique. Mais 2010 n'a pas été propice aux affaires. Selon elle, la grippe porcine et le mondial de football ont poussé les voyageurs vers d´autres contrées. Puis, la pluie a été abondante: dans ce ce cas, il faut vite rattrouper la marchandise pour la mettre à l'abri. Et attendre que la pluie cesse, continuant à tricoter, protégée par un seul plastique. Comme nous dit Jesusa, elle et ses collègues pourraient vendre dans leur dépôt, mais les touristes n'y entrent pas. Elles préfèrent alors la rue, même si cela signifie prendre la poudre d'escampette à l'arrivée de la police municipale.

Et puis il y a des jours où seul le temps passe, sans aucun acheteur en vue . Les "bons" mois, Jesusa arrive à gagner 300 soles de bénéfice, après avoir payé la location de son dépôt, ses charges personnelles et la mensualité universitaire pour son plus jeune fils. Celui-ci, âgé de 18ans, étudie l'informatique et souhaite une autre vie que le reste de sa famille, loin de l'artisanat et de la vente itinérante, comme c'est le cas pour le gendre et le fils cadet de Jesusa.

Jesusa, pourtant, est originaire d'un milieu d'agriculteurs. Elle a grandi à Sicuani, un village à quelques heures de Cuzco. C'est là que son père, Francisco, lui a appris à tricoter, quand elle ne l'aidait pas aux champs. A 18 ans, elle est tombée enceinte de sa fille et est partie pour la ville, avec son époux, un joueur de zampona (flûte andine). Malheureusement, celui-ci l'a abandonnée, la laissant seule  avec ses trois enfants. C'est là qu'elle a décidé de vendre des lainages.

Aujourd'hui, Jesusa vit à Cuzco, avec ses deux fils. Elle a la chance d'être propriétaire de sa maison, celle où elle s'était installée avec son époux à son arrivée en ville. Les loyers sont chers et ses fils l'accompagneront jusqu'à ce qu'ils fondent, à leur tour, une famille. Sa fille et son petit fils, quant à eux, ne vivent pas bien loin d'elle.

Lors de notre dernier jour à Cuzco, nous sommes passées dire au revoir à notre amie, sans oublier de ramener quelques unes de ses œuvres dans nos valises. On pensera bien à elle lorsque nous reviendrons lutter contre le froid hivernal franc-comtois!

mercredi 27 octobre 2010

Cuzco, "nombril" de la civilisation inca



L'empire Inca a vu le jour dans les années 1400. La légende veut que l'Inca Manco Capac et sa sœur-épouse Mana Ocllo, envoyés par le Dieu-soleil Inti, aient émergés du lac Titicaca et aient alors fondé la ville de Cuzco, capitale de l'empire "Tawantinsuyu" ou la "terre des quatre quartiers", s'étendant sur 4000km, du nord de l'Équateur au centre du Chili. La langue officielle est le quechua, toujours parlée aujourd'hui au Pérou et en Bolivie.

La chute de l'empire est marquée par la conquête espagnole menée par Francisco Pizarro qui ordonna l'exécution du dernier Inca, Atahualpa, et déplaça la capitale à Lima en 1535. Un mouvement de résistance fut toutefois organisé mais totalement réprimé en 1572.




La ville coloniale s'édifia alors sur les fondations de la cité inca, dont on peut encore admirer les vestiges par endroits. On ne peut que se laisser séduire par cet anachronisme architectural malgré ce que celui-ci implique: l'esthétique espagnol se marie majestueusement à ces énormes pierres si parfaitement imbriquées que,  même des siècles plus tard, aucun filet d'air ne s'en échappe. En se promenant dans Cuzco, on ne peut que tomber sous le charme des balcons en bois, des ruelles pavées et des cascades de tuiles, du quartier San Blas, et de la Plaza de Armas où s'érigent la Cathédrale et la Compania de Jesus, deux témoignages du style baroque.


Cuzco est, des trois grandes villes où nous avons séjourné, celle qui nous a le plus frappé par son modernisme ou l'empreinte de la culture de masse. L'afflux de touristes, notamment pour la visite du Machu Picchu, organise l'économie de la ville. On en vient à se demander si tous les témoignages traditionnels qui nous séduisent sont un attrape-touristes ou des coutumes encore bien encrées. Être touriste dans cette ville n'est d'ailleurs pas des plus agréables, tant nous sommes sollicitées : "Restaurantes senoritas?", "Massage?", "Hôtel?", "Compra-me mi muñeca!".



Mais on s'amuse également des différentes activités que chaque commerçant peut combiner, un système que nous avons déjà constaté auparavant mais qui est davantage marquant à Cuzco. Vous pouvez faire laver votre linge, pendant que vous vous renseignez sur votre prochain trek. Vous pouvez acheter votre pain , tout en surfant sur le net ou en rafraîchissant votre coupe de cheveux. Et ne vous étonnez pas de trouver un berceau au milieu d'un magasin, les enfants non-scolarisés tiennent souvent compagnie à leurs parents.


Et malgré cette vitrine à touristes dont nous faisons indéniablement parties, mais qui peut quelquefois agacer, il suffit de prendre le temps de discuter avec les personnes qui croisent notre chemin pour goûter aux réelles saveurs péruviennes.